just mee.....

just mee.....
cet nuit avec toi jetai ton roi
je te câlinai , t'embrassai et sa San regret
sur mon nuage jetai prêt des étoiles
et ces étoiles dans ton regard reflétai
je sen encore ta main poser sur moi
tes lèvres froller les miennes ...
mes mains sur tes joue ,
mon corps contre le tien ne faisais plus que un !
assis l'un a coter de l'autre ma main dan ta main
j'ai decouver un chemin ...
celui du bonheur, qui emmené aussi loin que possible !
j'ai peur de rien sur se chemin , tout es beau
la seul peur est de perdre ta main !
je veux que tu respire un air pur ,
celui de l'amour ...
je veux que tes poumon se gonfle
de cet plaisir et ce bonheur
je grave nos prénom ,
sur des flocons de joie
il tomberons du ciel bleu
comme toi mon ange
mon cadeau du ciel ...
# Posté le lundi 11 février 2008 12:59
Modifié le dimanche 15 mars 2009 21:31

L'histoire du Portugal

L'histoire du Portugal
Le Portugal, dernier des six principaux Etats chrétiens fondés dans la péninsule Ibérique pendant le Moyen Age, est le seul à avoir conservé son indépendance aux temps modernes.
A la différence des royaumes plus anciens du León, de Castille, de Navarre et d'Aragon, ainsi que de l'ancien comté de Barcelone, il n'a pas été incorporé dans l'Etat, d'abord fragile, mais néanmoins durable, qui est devenu l'Espagne.
L'originalité de l'évolution du Portugal depuis le XIIe siècle ne peut être attribuée ni à son histoire antérieure, ni à l'origine des groupes de population qui l'ont constitué, ni à sa composition géographique, mais plutôt à des facteurs historiques, en particulier au rôle clé de certains personnages et à la succession de quelques événements majeurs qui ont joué un rôle considérable dans l'émergence de cette nouvelle nation. Ainsi, le Portugal - «domaine où la terre finit et où la mer commence», a dit Camoes - est une entité propre, et cela dès l'Antiquité.
# Posté le mardi 05 février 2008 15:55

Les premiere Periodes

Les premiere Periodes
La Préhistoire
Géographiquement, toutes les régions du Portugal continental, excepté une partie relativement petite du centre-ouest du pays, peuvent être considérées comme des extensions des régions voisines de l'Espagne. En ce qui concerne la population, il en fut de même pendant toute la durée du Paléolithique, du Néolithique, de l'âge du bronze et de l'âge du fer.
Au tout début de l'histoire de la péninsule Ibérique, les entités politiques permanentes qui tentèrent de s'imposer consistaient en un Etat du nord-ouest comprenant le Portugal du nord et la Galice espagnole, et un Etat du sud-ouest, réunissant le Portugal du centre et du sud, l'Estrémadure espagnole et l'ouest de l'Andalousie.

L'âge du bronze
Au début de l'âge du bronze, on pouvait déjà distinguer une zone sud de peuplement, centrée sur l'Algarve et l'Alentejo, et une zone nord située au-dessus du Mondego. Bien que l'arrivée des Celtes et des Ibères, au début de l'âge du fer, ait agi comme un facteur d'homogénéisation, comme le firent également les cinq siècles de domination romaine, les évolutions ethniques du Nord et du Sud ne devinrent pas identiques avant le XIII e siècle.
Ainsi, seul le Sud fut touché par la colonisation phénicienne et grecque, tandis que, dans le Nord, se développait une culture celte, fondée sur l'installation de populations sur des hauteurs fortifiées - les castros.


La domination romaine
La côte sud, colonisée par les Phéniciens, passa sous le contrôle des Carthaginois dans les années 230 et 220 av. J.-C., et ne fut conquise par Rome que lors de la seconde guerre punique (218-201 av. J.-C.). Les Lusitaniens - peuple d'origine celtique - dirigent alors la résistance contre Rome, sous le commandement de Viriathe (ou Viriato), chef légendaire d'une confédération lusitanienne. Ce n'est qu'après l'assassinat de ce dernier, en 139 av. J.-C., que Rome put exercer son hégémonie sur le pays tout entier. Ainsi, peu à peu, entre 147 et 60 av. J.-C., la Lusitania (nom donné par les Romains à ce territoire) se vit imposer une administration, une langue et des techniques entièrement romaines.


En 27 av. J.-C., l'Hispania Ulterior fut divisée en deux provinces, de part et d'autre du Guadiana: la Lusitania au nord, la Baetica au sud. En 297 apr. J.-C., l'empereur Dioclétien créa la Gallaecia, province autonome ayant pour centre Brácara (Braga). La division est-ouest (Lusitania-Baetica) se doubla alors d'une opposition interne, nord-sud, avec cette fois le Douro pour frontière. Les unités administratives romaines tendirent à reconnaître cette division, en séparant les Callaici du Nord des Lusitani du Sud et du Centre; cette distinction est restée une composante permanente de l'histoire du Portugal.

Les Suèves
Au début du Ve siècle, les choses évoluèrent rapidement, comme dans tout l'Empire romain d'Occident. Dès 411, les Suèves, peuple d'origine germanique, déferlèrent sur la Gallaecia, dont ils restèrent les seuls maîtres en 419. Trois siècles s'écoulèrent donc entre la fin de la domination romaine et la conquête musulmane de 711.

Jusqu'en 590 environ, la période fut caractérisée par des luttes territoriales entre les différentes tribus germaniques et par différents degrés d'assimilation entre elles et la population hispano-romaine autochtone. Cette phase prit fin avec la destruction du royaume du Suève Andeca par les Wisigoths (585), qui abandonnèrent l'arianisme au profit du catholicisme (589). Entre 590 et 711, la monarchie wisigothique centralisée, qui prédominait alors sur toute la péninsule, perdit progressivement l'appui à la fois du petit peuple et de la noblesse, ce qui explique que les conquérants musulmans ne rencontrèrent quasiment aucune opposition.
# Posté le mardi 05 février 2008 16:00

La periode Musulman

La periode Musulman
L'influence ethnique et culturelle des musulmans fut beaucoup plus importante dans le centre et le sud que dans le nord du pays, qu'ils ne dominèrent jamais vraiment et colonisèrent à peine. La perte définitive du Nord au profit des chrétiens parlant galégo-portugais commença vers 860, à peine cent cinquante ans après sa conquête initiale. Au contraire, dans l'extrême Sud, les caïds musulmans maintinrent leur domination pendant plus de cinq siècles, jusqu'en 1249, sur une population essentiellement de culture mozarabe.

Les musulmans, qui avaient initialement installé des garnisons dans tout le pays, se retirèrent, dans les années 750, vers le Centre et le Sud, plus urbanisés et développés sur le plan économique, en renonçant à toute tentative de contrôle permanent et de colonisation de la région située au nord du Mondego.


Le nouveau royaume wisigothique qui émergea de ce bouleversement général n'était toutefois pas assez fort pour soumettre cette région du Mondego-Minho; les centres en étaient situés en Galice espagnole et dans les Asturies, de sorte que le Portugal du nord resta, pendant plus d'un siècle, une sorte de no man's land.

Ce vide commença à se remplir dans le dernier tiers du IXe siècle, tandis que l'Etat musulman traversait une crise interne qui permit au royaume chrétien, sous le règne d'Alphonse III, d'annexer (868) la partie Minho-Douro de la région contestée, appelée «territorium portugalense» (d'après le nom de l'ancienne ville romaine de Portu Cale, sur le site de l'actuelle Porto).
La partie comprise entre le Douro et le Mondego resta l'objet de litiges pendant deux siècles encore, jusqu'à ce que la désintégration du califat de Cordoue (1031) permît sa reconquête définitive par les chrétiens (1057-1064).
Pendant la plus grande partie de cette dernière période, le territoire portugais fut administré par une seule famille, en tant que comté dépendant du royaume de León. Certains mouvements, visant à l'autonomie, commencèrent à émerger progressivement, et constituèrent une base indispensable à l'établissement d'un Etat portugais séparé, entre 1109 et 1143.
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# Posté le mardi 05 février 2008 16:05

Naissance du Royaume

Naissance du Royaume
[s]Henri de Bourgogne

Alphonse VI de Castille et de León, qui avait marié une de ses filles à Henri de Bourgogne, nomma celui-ci comte de Portugal en 1096.
Henri, devenu dom Henrique, reçut en fief les gouvernements du Portugal (Entre-Douro-e-Minho) et de Coimbra (entre le Douro et le Mondego); soutenu par ses barons et son clergé, il se trouva à l'origine d'une politique de semi-indépendance pendant la longue guerre civile qui se déroula dans le León, après la mort d'Alphonse VI (1109). Teresa, après la mort de Henri survenue en 1114, poursuivit tant bien que mal la même politique jusqu'en 1127.
Enfin, leur fils, Alphonse-Henri (Afonso Henriques), revendiqua dès lors ouvertement le titre de roi; avec l'appui de ses barons, il chassa sa mère (bataille de São Mamede, 1128) et entra en état de révolte permanente contre Alphonse VII de Castille et de León, qui dut accepter, en 1143 de le reconnaître comme roi du Portugal sous le nom d'Alphonse I er Henriques. Quelques ambiguïtés subsistaient encore, mais elles furent résolues lorsque le León renonça à ses visées hégémoniques (1157), et que le pape reconnut le nouveau souverain (1179), ainsi que grâce aux extraordinaires qualités dont fit preuve Alphonse I er Henriques au cours de son long règne

La maison de Bourgogne

Si c'est par sa lutte victorieuse contre le royaume du León que le roi-guerrier Alphonse I er Henriques, héros de nombreux romans médiévaux, acquit d'abord sa renommée, il la consolida ensuite en combattant les musulmans. Une fois encore, c'est une crise interne chez ses ennemis - en l'occurrence, le conflit entre Almoravides et Almohades au cours des années 1140-1150 - qui favorisa cette nouvelle expansion du Portugal. La séparation du Portugal et du León fut donc immédiatement suivie d'une spectaculaire avancée vers le sud, qui permit d'atteindre Santarém puis Lisbonne en 1147. Bien que les acquisitions tout aussi spectaculaires des deux campagnes suivantes (1158-1159 et 1167-1169) ne pussent être conservées, la superficie du Portugal avait doublé, et sa frontière méridionale était désormais fermement établie sur le Tage.

Quatre faits politiques principaux caractérisent le siècle qui suivit le règne du fondateur de la dynastie :
La poursuite de la guerre contre les musulmans, d'abord de façon intermittente et sans parvenir à une conclusion, de 1179 à 1192, sous le règne du fils d'Alphonse Ier Henriques, l'habile Sanche Ier, avec qui son père avait commencé à partager le pouvoir dès 1172, puis, avec davantage de succès, après la grande victoire hispano-portugaise de Las Navas de Tolosa (1212). En 1249, avec la chute de l'Algarve, la reconquête portugaise était parvenue à son terme.
Bien que le conflit avec le León, réuni au royaume de Castille en 1230, s'apaisât, des contestations de frontière et la tentation, pour chaque royaume, de pêcher dans les eaux troubles de son voisin, aboutirent à une guerre intermittente.
L'alliance royale avec l'Eglise, qui s'était révélée si utile pour légitimer l'indépendance portugaise contre les ambitions du León et pour recruter des croisés étrangers contre les musulmans, commença à se relâcher à partir de 1201, lorsque Sanche Ier essaya d'asseoir son autorité sur cette institution, juste au moment où le pape Innocent III cherchait au contraire à étendre son pouvoir. La lutte anticléricale continua jusqu'en 1262, et les quatre souverains de cette période (Sanche Ier, Alphonse II, Sanche II et Alphonse III), furent tour à tour excommuniés.
Enfin, ce conflit se mêla souvent aux querelles de succession. Et si la transmission du pouvoir d'Alphonse I er Henriques à Sanche Ier fut assez facile, plusieurs crises émaillèrent, en revanche, la transition vers chacun des quatre règnes suivants.
Menacée de façon récurrente, la monarchie centralisée survécut néanmoins à la fois aux conflits avec l'Eglise et aux querelles de succession, et tint aussi en échec les ordres militaires très puissants - Hospitaliers, Templiers, ordre de Calatrava - qui s'étaient développés lors des dernières phases de la Reconquista.
Durant cette période, il se fit un harmonieux mélange de la population mozarabe du Sud avec celle des conquérants du Nord. Des zones dépeuplées du fait de la guerre furent de nouveau colonisées; l'½uvre de Sanche Ier, surnommé «o Povoador» («le Colonisateur», le «Repeupleur») fut particulièrement remarquable dans ce domaine. L'évolution des structures gouvernementales progressa, grâce à la signature de nombreuses chartes accordant aux villes une certaine autonomie, à la création d'un Parlement tripartite et, en 1255, au transfert de la capitale de Coimbra à Lisbonne, sous le règne d'Alphonse III. D'importantes relations commerciales internationales furent établies après 1250, lorsque le contrôle des chrétiens s'accrut sur le détroit de Gibraltar et que l'essor économique de l'Italie et des Flandres transformèrent les somnolentes eaux portugaises en une florissante voie maritime.
La plupart des actions engagées portèrent pleinement leurs fruits pendant le long règne de Denis Ier (dom Dinis, 1279-1325). Celui-ci reçut le titre de Rei lavrador («roi laboureur») pour avoir encouragé le développement de nouvelles méthodes d'agriculture et lancé une importante politique de défrichage. La vie urbaine se mit aussi à prospérer, car il stimula le commerce intérieur en accordant à de nombreuses agglomérations le privilège de foires franches; il encouragea les échanges internationaux par des traités commerciaux et par la création d'une marine royale. Protecteur des lettres et des arts, Denis fonda l'université de Lisbonne (1290), transférée en 1307 à Coimbra, et imposa officiellement le portugais comme langue écrite en remplacement du latin. En plaçant sous la tutelle royale les ordres militaires, en limitant les possessions et les droits du clergé et de la noblesse, et par d'autres mesures administratives, il renforça le pouvoir royal. En politique étrangère, il chercha, par le jeu d'alliances matrimoniales, à mettre un terme au conflit avec la Castille.
Déclin et chute de la dynastie des Bourgogne

La paix et la prospérité du règne de Denis se ressentirent des effets de la crise économique et sociale due à l'épidémie de peste noire qui ravagea toute l'Europe en 1348. Le consensus que Denis avait créé autour de la monarchie s'affaiblit dans la dernière partie du règne d'Alphonse IV (1325-1357): l'impossible amour de Pierre (dom Pedro), héritier du trône, pour la dame d'honneur de sa femme, Inès de Castro, conduisit à une série d'intrigues permanentes, au meurtre d'Inès (1355) et à la vengeance de Pierre Ier lors de son avènement au trône, en 1357.
Des affaires de c½ur minèrent encore davantage la stabilité dynastique, lorsque le fils de Pierre I er , Ferdinand (dom Fernão), devenu roi en 1367, contracta un mariage honteux avec sa maîtresse déjà mariée, Eléonore Teles de Meneses (dona Leonor). L'agressivité de sa politique étrangère fut une des dernières causes de la chute de la dynastie des Bourgogne. En exprimant ses prétentions, et celles de son allié anglais, au trône de Castille momentanément fragilisé, Ferdinand déclencha contre ce royaume, entre 1369 et 1382, trois guerres désastreuses. Il fut alors contraint de reconnaître les prétentions de Jean Ier de Castille et de León à sa succession sur le trône du Portugal - Jean de Castille étant marié à Beatriz, fille unique de Ferdinand.
Mais la crise n'est pas que dynastique: les grands du royaume, dont la dynastie de Bourgogne s'est employée à contenir les ambitions, s'étaient alliés à la Castille et se virent bientôt dépassés par la petite bourgeoisie des villes. Enfin, l'impopularité de dona Leonor, qui devint régente à la mort de Ferdinand en 1383, permit aux opposants du projet d'union avec la Castille d'organiser un ample mouvement de résistance, conduit par dom João, fils illégitime de Pierre I er et maître de l'ordre militaire d'Aviz. Ce mouvement chassa dona Leonor (1383) et, sous le commandement avisé de Nuno Alvares Pereira, écrasa définitivement les Castillans à Aljubarrota (1385), après avoir proclamé roi João de Aviz (Jean I er ).
# Posté le mardi 05 février 2008 16:12

Le temps de la splendeur

Le temps de la splendeur
Les deux siècles de gouvernement de la maison d'Aviz (1386-1580) vont marquer l'apogée de la puissance et du rayonnement du Portugal. Ce petit pays, dont le relatif éloignement des principaux centres de l'histoire européenne, et même ibérique, avait constitué une des clés de son indépendance, devint paradoxalement l'instrument dont se allaient se servir les dynasties espagnoles et européennes pour créer des liens avec l'Afrique, l'Asie et l'Amérique.

La dynastie des Aviz
Jean I, qui régna de 1385 à 1433, s'assura une grande popularité grâce au mouvement de caractère quasi nationaliste qui avait abouti à la victoire d'Aljubarrota, et s'attacha au rétablissement progressif du pays, après la crise sociale et économique qui avait sévi au XIVe siècle.

Après que la paix eut enfin été rétablie avec la Castille en 1411, Jean I se lança dans une politique d'expansion vers les contrées situées juste au sud du Portugal. Un des axes de cette politique fut la reprise de la guerre contre les musulmans, par la conquête de Ceuta, au Maroc, en 1415. L'autre, à partir de 1419-1420, consista à lancer des expéditions maritimes pour occuper l'île déserte de Madère.


Ces deux axes furent à la fois contradictoires et complémentaires. Pendant environ soixante-quinze ans, la conquête territoriale par des moyens traditionnels prédomina incontestablement dans les cercles du pouvoir, et aboutit à quatre expéditions armées fort coûteuses, mais aux résultats généralement peu concluants. Cependant, ce même objectif stimula incidemment les explorations maritimes postérieures, menées au large des côtes méridionales du Maroc, dans l'idée d'attaquer l'ennemi par le flanc. Les aspects politiques des expéditions maritimes commencèrent progressivement à dépendre de leurs aspects économiques: Madère et les Açores (d'abord atteints en 1427) se révélèrent extrêmement riches d'un point de vue agricole; puis, dans les années 1440, les esclaves et l'or rendirent l'exploration des côtes de l'Afrique de l'Ouest très profitable. L'entreprise maritime acquit, elle aussi, progressivement une véritable légitimité sous le commandement de son principal instigateur, le prince Henri le Navigateur (mort en 1460), bien qu'elle restât, même dans l'esprit de ce dernier, subordonnée au projet de conquête du Maroc.


Le «Roi parfait»

Les priorités furent inversées et les explorations ne devinrent une entreprise vraiment nationale que sous le règne de Jean II (1481-1495), le «Roi parfait». Jean II abandonna le Maroc, qui avait été la principale préoccupation de son père, Alphonse V, surnommé à juste titre «l'Africain». Jean II abandonna également la prétention de ce dernier au trône castillan, ce qui avait entraîné une guerre désastreuse en 1476, et il réprima la noblesse, dont le pouvoir s'était considérablement accru sous le règne précédent. A la place du militarisme, romanesque et féodal de son père, Jean II développa une politique en apparence plus prosaïque, mais finalement plus glorieuse, d'explorations maritimes systématiques, avec un nouvel objectif prioritaire, celui d'atteindre l'Inde. Bien que Jean II mourût avant que son but fût réellement atteint, c'est à lui que revient le principal mérite de cette expansion coloniale du Portugal. En effet, avant qu'il ne prenne en charge les explorations, en 1474, les Portugais avaient à peine franchi l'équateur; c'est au cours de son règne que Diogo Cam (ou Cão) reconnut le Congo et le sud de l'Afrique (1482-1485), puis que Bartolomeu Dias franchit le cap de Bonne-Espérance (en 1487-1488), et ouvrit ainsi la route vers l'Asie.

Le retour des Indes de l'expédition de Vasco da Gama (1498-1499), chargée d'épices, ouvrit deux décennies d'intense activité, durant lesquelles le Portugal chercha à ponctionner avec avidité les fabuleuses richesses de l'Asie. L'expédition de Cabral, qui découvrit le Brésil par hasard en 1500, aborda, comme Vasco de Gama, à Calicut quelques mois plus tard. L'océan Indien était dès lors contrôlé par les Portugais, ce que confirmèrent la victoire de Francisco de Almeida sur les forces navales musulmanes en 1509 et les conquêtes, par Afonso de Albuquerque, des positions clés du littoral, à Goa (1510), Malacca (1511) et Ormuz (1515).

L'occupation des côtes africaines par les Portugais fut aussi renforcée. Une colonie fut fondée à Macao en 1557, pour contrôler le commerce avec la Chine; les possessions portugaises se trouvaient réparties sur presque toute la surface du globe, sans cependant correspondre à un important territoire. En Asie, l'empire resta en effet strictement commercial, dépendant du contrôle de quelques points clés, sans chercher à s'étendre territorialement aux dépens des royaumes locaux. En revanche, un empire terrestre commença lentement à prendre forme dans les zones secondaires et peu peuplées du Brésil, menacées par les incursions françaises des années 1530 à 1565, et en Angola, après 1575. Le traité de Tordesillas, en 1494, consacre la position éminente du Portugal, et l'assure de larges possessions outre-mer.


Un empire peu dynamique

L'Etat exerça un contrôle strict sur le commerce et sur l'empire, établissant son monopole sur les épices et parvenant à ruiner l'alliance économique entre les Vénitiens et les Turcs ottomans. Cependant, aucun des souverains - Manuel I er , de 1495 à 1521, Jean III, de 1521 à 1557, et les régents, de 1557 à 1568 - ne joua de rôle personnel décisif, leur contribution se limitant à maintenir les priorités établies sous le règne de Jean II: réduction des dépenses au Maroc et relations pacifiques avec l'Espagne, à travers un jeu d'alliances matrimoniales et de nombreux traités afin de s'assurer que l'empire maritime portugais n'entrât pas en conflit avec l'empire espagnol naissant.

Cette nouvelle prospérité permit ainsi aux nobles et au clergé de se livrer à de très importantes dépenses, et entraîna la croissance rapide de la ville de Lisbonne, plaque tournante du commerce. Mais seule une très petite partie de ces richesses fut utilisée pour élargir les bases économiques de l'Etat dans son ensemble. On assista plutôt à l'apparition d'un double système économique, au sein duquel les productions agricoles locales et les produits des manufactures urbaines stagnaient, tandis qu'un nouveau type d'activité commerciale intense ne profitait qu'à quelques petits groupes. De plus, les principaux agents potentiels d'une transformation profonde de l'économie, les juifs portugais, furent victimes de l'intolérance royale et populaire qui, venant d'Espagne après leur expulsion de ce pays en 1492, se répandit au Portugal. L'exemple de l'Espagne et les tensions religieuses engendrées dans toute l'Europe par la Réforme aboutirent également à l'établissement de l'Inquisition portugaise (1536), laquelle finit par limiter très sérieusement le dynamisme et le champ d'action de la vie intellectuelle bouillonnante qui avait commencé de se développer.

Les vieux fantômes du Maroc et de la Castille, apparemment laissés de côté après 1481, recommencèrent à hanter le Portugal lorsque Sébastien (dom Sebastião) accéda au trône en 1568. L'imprudent jeune roi lança le Portugal dans une politique d'agression contre le Maroc qui s'acheva par le désastre de Ksar-el-Kébir (Alcazarquivir, 1578), au cours duquel le roi trouva la mort et l'armée portugaise fut anéantie. Les Aviz, bien qu'extrêmement affaiblis, cherchèrent encore à se maintenir sur le trône malgré les prétentions du roi d'Espagne, le Habsbourg Philippe II. Or les prétentions de celui-ci se trouvaient fondées en raison d'une ancienne politique d'alliances matrimoniales ; après la mort d'Henri le Cardinal, en 1580, les Aviz perdirent le trône, et le Portugal fut annexé par l'Espagne; ainsi prirent fin quelque quatre siècles d'indépendance portugaise, la péninsule Ibérique se trouvant désormais réunifiée sous une seule et même couronne.



L'union avec l'Espagne

L'union avec l'Espagne signifiait la réunion des deux empires coloniaux qui avaient émergé dans les années 1490, ainsi que l'engagement profond du Portugal dans les affaires paneuropéennes des Habsbourgs d'Espagne. La soudaine extension du champ d'action portugais ne fut pas tout d'abord sans intérêt pour son commerce ou sa noblesse. Cependant, comme de nombreux ennemis de l'Espagne devinrent également ceux du Portugal, une des conditions fondamentales qui avaient permis l'essor de l'empire portugais - ses relations pacifiques avec l'Europe - disparut bientôt.

Les Hollandais se montrèrent ses principaux adversaires; ils commencèrent par attaquer en Afrique en 1598, puis s'emparèrent des principales îles à épices des Indes orientales ( Indonésie) en 1605, de Malacca en 1641, de Ceylan en 1658, et, finalement, de la côte de Malabar, au sud-ouest de l'Inde, en 1663. Les Portugais ne conservèrent en Asie que Goa, Macao, Timor, et ce que les Hollandais voulurent bien leur laisser en matière de commerce.

En Afrique, après maintes vicissitudes, les Portugais firent en sorte de se maintenir dans la plupart de leurs possessions. Le Brésil, qui avait développé une importante économie sucrière durant le XVI e siècle, tomba largement aux mains des Hollandais dans les années 1630 et 1640, mais des rébellions locales (1645-1654) le rendirent à la domination portugaise. Ainsi, le premier empire commercial mondial fut réduit à un domaine essentiellement atlantique. Cependant, d'une certaine façon, cet empire était plus puissant qu'avant, car sa base territoriale était désormais plus solide.

La ranc½ur contre la domination espagnole s'amplifia pour des raisons venues tant de la métropole que de l'empire tout entier. L'union avait été proclamée en tant qu'union personnelle; à l'intérieur de celle-ci, chaque partie de la monarchie des Habsbourgs devait jouir d'une autonomie quasi complète. Or, si Philippe II d'Espagne (Philippe Ier de Portugal) respecta cet accord, la logique de la situation conduisit à sa violation de plus en plus fréquente sous le règne de ses successeurs, spécialement dans les années 1630 lorsque le principal ministre de Philippe IV, Olivares, tenta de prélever le plus de ressources possible des domaines des Habsbourgs afin de renflouer les caisses du royaume espagnol à la suite de sa défaite dans la guerre de Trente Ans. Aussi, profitant à la fois d'une révolte en Catalogne et de l'aide de Richelieu, le duc de Bragance se rebella contre Philippe IV. Il fut acclamé roi le 1 er décembre 1640, sous le nom de Jean IV (1640-1656); commença alors la Restauração.


La dynastie des Bragance

Jean IV tint le même rôle que Jean I : l'Espagne étant aux prises avec la France, le roi en profita pour fortifier la défense du territoire, sur mer comme sur terre, et pour développer une stratégie d'alliances. Ce dispositif défensif permit aux Portugais de résister à une nouvelle invasion et de triompher des Espagnols près d'Estremoz (1665). L'Espagne n'avait plus qu'à reconnaître l'indépendance définitive du Portugal (1668).

Assez avisé, en outre, pour reprendre aux Hollandais quelques-unes de ses possessions, le Portugal semblait néanmoins chercher un nouvel essor. La renaissance nationale qui eut lieu sous la dynastie des Bragance ne fut pas aussi florissante que celle qu'avait connue le pays sous la maison d'Aviz. Jean IV, Alphonse VI, Pierre II, et Jean V, qui régnèrent successivement entre 1640 et 1750, se révélèrent tous de piètres monarques. Libéré du joug espagnol, le pays s'installa dans une relation de dépendance vis-à-vis de l'Angleterre, pour préserver sa sécurité à long terme, à la fois contre les Espagnols et les Hollandais. Les nombreuses guerres et la perte du commerce asiatique engendrèrent des difficultés économiques pendant deux générations, à partir de 1640.


Les nouvelles opportunités qui se présentèrent au Brésil, avec la découverte de l'or dans les années 1690 et des diamants dans les années 1720, se révélèrent cependant incapables de transformer l'économie domestique. Bien au contraire, car la dépendance économique du Portugal vis-à-vis de l'Angleterre entraîna une dépendance politique, tandis qu'une série d'accords aboutissant au traité de Methwen (1703) permettait la libre entrée des vins portugais sur les marchés britanniques en échange de l'ouverture du pays à l'écrasante concurrence des industries anglaises de produits manufacturés, notamment textiles. Ainsi, la seule trace positive qui subsistât de l'expansion minière après 1690 fut une nouvelle série de constructions royales somptueuses, spécialement sous le règne du fastueux Jean V (1706-1750).

Ce fut seulement avec l'arrivée du marquis de Pombal, secrétaire d'Etat tout au long du règne de Joseph I er (dom José, 1750-1777), que le Portugal sortit de la léthargie dans laquelle il semblait s'être installé. L'objectif de Pombal était de redonner leur dynamisme à l'économie et à la société portugaises. Ses réformes s'appliquèrent dans tous les domaines: les finances, l'armée, l'éducation, l'agriculture, le commerce, l'industrie et les relations extérieures. Type même du «despote éclairé», Pombal gouverne le pays d'une main de fer jusqu'à la mort du roi. Il modernise le Portugal dans tous les domaines. Deux aspects de son ½uvre peuvent être mis en exergue: l'expulsion des jésuites et la confiscation de leurs biens en 1759 (il obtient même du pape la suppression de leur ordre en 1773), et la création de compagnies à monopole pour lutter contre la contrebande, suivie de l'implantation de manufactures, avec l'aide du Trésor royal.

L'hostilité et même la haine engendrées par l'application de ces mesures, s'ajoutant au fait que Pombal n'était pas de sang royal et ne bénéficiait d'aucun soutien révolutionnaire de la part de la population, conduisirent à une réaction, qui eut lieu aussitôt après la mort de Joseph Ier. Les efforts de Pombal pour la modernisation du pays ne furent pas totalement anéantis, mais, dans l'ensemble, le Portugal redevint ce somnolent pays, qui s'était mué en une sorte de parasite, dépendant économiquement du Brésil et politiquement de la Grande-Bretagne; de plus, le pays n'était prêt à affronter les turbulences bientôt engendrées par la Révolution française et la révolution industrielle.
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# Posté le mardi 05 février 2008 16:18
Modifié le lundi 11 février 2008 11:13

La colonisation portugaise au Brésil

La colonisation portugaise au Brésil
Les Espagnols et Portugais se partagent la Terre

Résultat d'une colonisation presque toujours brutale, l'Amérique latine s'est construite, à partir de la fin du XV e siècle, sur les ruines de brillantes civilisations indigènes, comme celles des Aztèques au Mexique ou des Incas au Pérou. Ces peuples, qui maîtrisaient la culture du maïs depuis des millénaires et pratiquaient l'astronomie et les mathématiques, étaient de grands bâtisseurs et des guerriers valeureux; mais leurs institutions politiques, leurs croyances religieuses et un net retard technologique ne leur permirent pas de résister plus de quelques années à l'élan dominateur des conquistadores.

De son côté, le royaume du Portugal affrète les navires de Pedro Cabral, qui, jeté par les vents, en l'an 1500, sur le littoral oriental du Brésil, y établit des comptoirs. Au service également de Lisbonne, l'italien Amerigo Vespucci poursuit, en 1501-1502, l'exploration des côtes brésiliennes jusqu'à la baie de Rio de Janeiro, puis jusqu'au sud de la Patagonie. De ses périples, il rapporte de nombreux relevés topographiques.


Par le traité de Tordesillas (1494), Espagnols et Portugais se partagent la Terre. A l'ouest d'un méridien qui passe près des bouches de l'Amazone , le monde à évangéliser est espagnol: il comprend la presque totalité du continent américain. A l'est, le monde est portugais.



Les colons portugais

Les Portugais ne s'installent de façon permanente qu'après 1532. A cette date, deux centres de colonisation apparaissent, l'un à São Vincente (près de l'actuel São Paulo), l'autre à Pernambouc (Recife), dans le Nordeste, où commence la culture de la canne à sucre. En 1549, Lisbonne, prenant conscience de la valeur de la colonie brésilienne, y envoie un gouverneur général, qui établit sa capitale à Bahia, aujourd'hui Salvador.

Jusqu'à la fin du XVIe siècle, les colons portugais ne s'implantent pas au-delà des régions côtières. Mais, dès cette époque, ils lancent des expéditions vers l'intérieur, appelées entradas dans le Nordeste et bandeiras dans la région de São Vincente, afin de se procurer des esclaves indiens pour les plantations. Au XVII e siècle, les bandeirantes s'enfoncent de plus en plus loin vers l'ouest, à la recherche de l'or qu'ils finissent par trouver en 1700, sur le plateau de l'actuel Minas Gerais. Cette découverte provoque la première émigration massive de Portugais vers l'Amérique. En 1763, la capitale du Brésil est transférée de Bahia à Rio de Janeiro, ce qui reflète le déplacement vers le sud de l'activité économique.

Au XVIe siècle, les Portugais avaient repoussé les huguenots français établis, entre 1555 et 1560, sur le site de l'actuel Rio de Janeiro. Plus tard, entre 1580 et 1640 - époque où le Portugal est intégré à la couronne d'Espagne -, les tentatives d'implantations européennes concurrentes se multiplient. Les Hollandais, notamment, s'emparent en 1630 des terres sucrières autour de Pernambouc. Ils y resteront jusqu'en 1654.

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# Posté le mardi 05 février 2008 16:21

Le Portugal au XIXe siècle

Le Portugal au XIXe siècle
L'équilibre du Portugal de la Restauração fut rompu, non par Pombal, mais par Napoléon, qui décida de détruire cet allié de la Grande-Bretagne. Ses troupes, commandées par Junot, conquirent le pays sans difficulté, à partir de bases établies en Espagne, en novembre 1807, ce qui conduisit la famille royale à s'enfuir au Brésil. Le soulèvement des Espagnols contre Napoléon, en mai 1808, provoqua des révoltes jusqu'au Portugal, ce qui permit l'entrée des forces britanniques de Wellington. Mais il fallut encore trois ans de lutte, sous commandement britannique plutôt que portugais, pour repousser les envahisseurs français, qui durent se retirer définitivement en 1811.

A la mort de Joseph I, sa fille Marie Ire de Bragance lui succéda sur le trône (1777-1816); mais elle devint démente en 1792, et ce fut son fils, le futur Jean VI, qui assura dès lors la régence. Aussi une situation assez explosive existait-elle à la fin de la guerre: en l'absence prolongée de Jean VI, qui projetait de faire du Brésil, plutôt que du Portugal, le centre de son empire, la régence, dominée par les Britanniques, gouvernait de façon répressive. Les dommages de guerre étaient très importants, et l'économie ne put se relever, la Grande-Bretagne ayant obtenu un accès direct aux marchés brésiliens, réduisant encore le rôle du Portugal comme intermédiaire. Dans de telles conditions, les courants libéraux qui étaient apparus pendant la Révolution française gagnèrent du terrain et conduisirent, après une tentative infructueuse, en 1817, à une révolte réussie, en août 1820.

La lutte constitutionnelle

La période de lutte pour le pouvoir qui s'ensuivit traversa trois phases différentes, et ne s'acheva qu'en 1851. La révolution de 1820 déclenchée à Porto donna le pouvoir à une faction de radicaux modérés; Jean VI, de retour du Brésil en 1821, dut octroyer une Constitution démocratique en 1822, ce qui lui valut l'opposition de son fils cadet dom Miguel, chef des absolutistes. Cette phase prit fin en 1823 quand, influencée par l'échec d'une révolution similaire en Espagne, une coalition de modérés et d'absolutistes s'éleva contre le régime, qui n'avait pas réussi à obtenir le soutien de la population. Une tentative de compromis - proposée depuis le Brésil, par Pierre IV, qui avait succédé à Jean VI en 1826 et aussitôt abdiqué en faveur de sa fille Marie II de Bragance (Maria da Glória) - aboutit à l'octroi d'une charte constitutionnelle limitée en 1826, mais échoua lorsque dom Miguel usurpa le pouvoir en 1828 (Michel I er ).

Le règne de la terreur exercée par dom Miguel poussa alors les radicaux et les modérés à s'allier contre lui, mais il se montra plus difficile à déloger que ses prédécesseurs démocrates. C'est seulement après une guerre civile et l'intervention britannique de 1832-1834 (les guerres Miguélistes) que Marie II - dont la succession était devenue le symbole des forces anti-absolutistes - accéda au trône.

Enfin, après l'établissement du principe de la règle constitutionnelle, une lutte s'instaura au sujet de ses modalités d'application. Les chartistes, conservateurs modérés, partisans de la charte de 1826, s'opposaient aux septembristes, plus démocrates, ainsi nommés en référence à la révolution qu'ils avaient fomentée en septembre 1836, qui souhaitaient une version modifiée de la Constitution de 1822. Les principaux dirigeants septembristes furent Manuel Passos et le général Sá da Bandeira; le principal dirigeant chartiste après 1842 fut un civil, Costa Cabral. Il revint au maréchal-duc de Saldanha de maintenir l'équilibre des pouvoirs entre les différents partis; ceux-ci, tout au long de leur conflit, cherchèrent à se concilier la reine, qui régna jusqu'en 1853, et courtisèrent même les miguélistes, qui restaient très puissants dans les campagnes. Cette phase connut moins d'épisodes sanglants que la précédente, malgré de nombreuses révoltes et une guerre civile, de 1846 à 1847. La lutte constitutionnelle s'acheva en 1853 lorsque Saldanha, parvenant à élaborer un compromis qui penchait davantage vers le libéralisme modéré de la charte de 1826 que vers les Constitutions plus progressistes de 1822 et 1838, ouvrit une nouvelle ère de stabilité politique, la Regeneração.


La Regeneração

La stabilité politique, malgré une brève période de troubles aux environs de 1870, ne fut pas sérieusement menacée avant les années 1890. Durant ces quarante années, les conflits qui agitaient l'élite furent étouffés, tandis que les principaux clans, qui émergeaient de la large coalition de Saldanha - les regeneradores, conservateurs, et les progressistas, plus orientés vers les réformes - se succédèrent au pouvoir de façon pacifique, au moyen d'un système d'élections manipulées et de tractations secrètes. Si un consensus politique put être créé, ce fut en imposant à la noblesse et au clergé l'abolition de certains de leurs privilèges et la diminution de leur pouvoir - abolition de l'Inquisition et des ordres monastiques, restitution par le clergé de ses propriétés terriennes -, ainsi que grâce au renoncement, par chacun des groupes politiques, à toute tentative de mobiliser l'armée ou la population en leur faveur.

Un développement économique incertain

Le Portugal souffrait d'un triple handicap économique. Son économie domestique n'avait jamais acquis ni vitalité ni diversité, à cause notamment de sa dépendance extrême vis-à-vis des ressources coloniales, qui remontait au XVI e siècle; de plus, les longs conflits qui s'étendirent de 1808 à 1851 l'affaiblirent davantage; enfin, l'indépendance du Brésil (1822) et, dans une moindre mesure, l'abolition du commerce des esclaves mirent un terme aux principales sources de richesses venant d'outre-mer.

Entrepris d'abord sous la direction de Mousinho da Silveira, dans les années 1830, mais surtout dès le début de la longue carrière ministérielle du regenerador Fontes Pereira de Melo, dans les années 1850, de nombreux efforts furent faits pour stimuler le développement économique. Bien que ceux-ci aient empêché une détérioration ultérieure et fourni quelques-unes des bases d'une économie moderne (voies ferrées, banques, réforme agraire modérée, enseignement technique), ils ne furent pas suffisants pour tirer le Portugal de sa pauvreté originelle. On ne put pas davantage trouver de moyen de dépasser la crise dans le mouvement des années 1870 et 1880, qui visait à créer le «troisième empire» du Portugal en Afrique, malgré son ampleur. En effet, l'Angola et le Mozambique ne se révélèrent pas les mannes escomptées et n'apportèrent, pendant de nombreuses décennies, que le souci supplémentaire d'avoir à convertir des territoires insuffisamment peuplés en véritables colonies, capables de résister aux tentatives d'annexion des Britanniques et des Allemands
.

En grevant lourdement le budget et en soumettant le Portugal à une concurrence défavorable avec les grandes puissances, la politique expansionniste en Afrique fut un facteur déterminant dans la crise finale de la monarchie. On peut dater le début de cette crise, de façon plus précise, de l'humiliation nationale ressentie en 1890, lorsqu'un ultimatum britannique força le Portugal à rappeler l'expédition de Serpa Pinto, qui essayait d'opérer la jonction entre l'Angola et le Mozambique via l'intérieur du continent. Cette révélation de la fragilité portugaise contribua à ternir la réputation du nouveau roi, Charles I er (dom Carlos, 1889-1908), et apporta de nombreux partisans au mouvement républicain, qui avait commencé à s'enraciner dans les centres urbains dans les années 1870.


La chute de la royauté

Un mouvement de révolte républicaine fut écrasé à Porto en 1891, mais la situation de la monarchie continua de se détériorer, à cause d'une sérieuse crise financière, de la dislocation progressive des anciens partis corrompus, et des pratiques anticonstitutionnelles que Charles Ier sanctionnait périodiquement, au milieu d'une instabilité ministérielle permanente. En outre, contribuèrent à son déclin le mécontentement de l'armée et un accroissement de la contestation sociale, tandis qu'émergeait une classe ouvrière dans les villes, et qu'une croissance rapide de la population engendrait des tensions dans les campagnes; enfin, un certain détachement se manifesta de la part des intellectuels, qui, depuis les années 1840, avaient connu une renaissance que seule celle des années 1500 avait surpassée.

En 1906, le roi essaya d'enrayer la crise, en accordant des pouvoirs semi-dictatoriaux au Premier ministre, João Franco. Mais cette orientation souda l'opposition et contribua à provoquer l'assassinat de Charles Ier et du prince héritier Luis Filipe le 1er février 1908. Son successeur, Manuel II, chercha à mettre un terme à l'effritement du pouvoir royal en destituant son Premier ministre et en rétablissant la loi constitutionnelle, mais le déclin de la monarchie était déjà trop avancé. En août 1910, les élections accordèrent une large majorité aux républicains, à Lisbonne et à Porto, et, le 5 octobre suivant, un soulèvement militaire renversa le roi sans difficulté et proclama la république.
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# Posté le mardi 05 février 2008 16:25

La République portugaise

La République portugaise
La République portugaise de 1910-1926 est marquée par sa très grande instabilité: elle connut en effet quarante-huit gouvernements, sept présidents, dont un seul termina son mandat, au moins vingt-cinq tentatives de coup d'Etat ou de révolutions, et de nombreux crimes politiques, dont celui d'un président et d'un Premier ministre. Ses dirigeants ne firent pas preuve des qualités indispensables en matière de gestion de l'Etat, et ils eurent tendance à manquer de la perspicacité et de la discipline nécessaires pour affronter les immenses problèmes que leur avait légués la monarchie. Mais une instabilité considérable préexistait déjà dans les deux dernières décennies de la monarchie, et la République eut à affronter la grande crise qui secoua l'Europe de 1914 à 1923.

Une période de réformes

La première phase de la République, en 1916, fut la plus productive. Le régime institua d'importantes réformes éducatives, politiques, et sociales, et parvint davantage à enrayer le déficit budgétaire chronique qu'à aucune autre période du siècle précédent. Le gouvernement civil fut maintenu, malgré les tendances prétoriennes qui étaient apparues dans l'armée en partie à cause de la contribution des militaires à la révolution de 1910. La République survécut aussi à divers soulèvements d'idéalistes monarchistes et à la vague d'agitation qui couvait dans la classe ouvrière et qui déferla en 1911-1912, sous l'effet de la liberté récemment retrouvée.

Bien qu'un grand pas fût accompli durant cette période, l'opportunité d'implanter la République de façon à lui permettre d'affronter les tempêtes futures s'évanouit. De tendance radicale et jacobine, les républicains inaugurèrent leur gouvernement en prenant des mesures anticléricales très sévères qui fournirent à leurs opposants un solide terrain d'entente qui débordait largement le cadre des seuls monarchistes; ainsi, leur politique leur aliéna inutilement de larges secteurs du nord rural, à forte densité de population. Les républicains voulaient promouvoir un certain changement dans la société, mais c'est cette fois leur modération qui les empêcha d'entreprendre les mesures draconiennes qui leur auraient fait gagner l'adhésion du prolétariat urbain, peu nombreux mais cependant puissant. Et ils se livrèrent à des querelles politiques acharnées, surtout contre le principal dirigeant de cette période, Afonso Costa, leader de la faction républicaine la plus importante, celle des démocrates.

Le déclin

La République, cependant, n'était pas condamnée d'avance au chaos. Son déclin commença lorsqu'elle fut entraînée dans le maelström de la politique internationale durant la Première Guerre mondiale. Même pendant la période où le Portugal resta neutre, la guerre exacerba le conflit politique et bouleversa l'économie, faisant notamment monter le cours du blé, ce qui représenta une catastrophe pour cette nation qui importait ses denrées alimentaires. La décision de Costa d'entrer en guerre aux côtés des Britanniques, en 1916, soumit dès lors l'économie à une très forte pression, accroissant les tensions politiques, après une courte période de resserrement des rangs derrière le drapeau national, et raviva les tendances putschistes de quelques factions militaires. Une révolte dirigée par le commandant Sidónio Pais écarta du pouvoir Costa et le président Bernardino Machado, en décembre 1917. Cherchant à établir un régime présidentiel militaro-civil semi-dictatorial, le charismatique Pais réussit à gagner, pour une large part, le soutien populaire, mais non l'adhésion des groupes politiques les mieux organisés. Après une année d'exercice du pouvoir très mouvementée, il fut assassiné.

La légitimité de la République aurait pu être peu à peu restaurée, malgré l'intermède Pais, si la crise engendrée par la guerre s'était achevée avec la guerre elle-même. Cependant, les privations du temps de guerre et l'exemple de la révolution russe entraînèrent, au Portugal comme dans d'autres pays européens, le plus grand soulèvement ouvrier de l'histoire. L'économie, lourdement affectée par les dettes de guerre, une inflation galopante et la désagrégation des cadres du commerce international, vacillait dangereusement. Le cours de l'escudo tomba ainsi de 7,54 pour une livre sterling, en 1919, à 127,40 en 1924. Au milieu d'une telle instabilité, des groupes monarchistes, après une période de calme, tentèrent de nouveaux soulèvements, ainsi que des aventuriers militaires de tous bords. De janvier 1919 jusqu'au 19 octobre 1921, lorsque le Premier ministre Granjó et quatre autres hommes politiques importants furent assassinés, le Portugal fut sans arrêt dans la tourmente. Bien que l'intensité des conflits diminuât quelque peu par la suite, la République avait reçu un coup mortel.

Les quatre dernières années de la République correspondent en effet à une accalmie: l'agitation ouvrière diminua en 1923; l'économie se stabilisa en 1924; la fièvre anticléricale retomba et les relations avec l'Eglise furent abordées d'un point de vue plus réaliste; les premiers pas furent accomplis en direction d'importantes réformes sociales, dont la nécessité se faisait sentir depuis longtemps. Cependant, les partis, qui commençaient à se désagréger, continuèrent à se quereller, et l'avènement des dictatures de Mussolini en Italie et de Primo de Rivera en Espagne encouragea ceux qui souhaitaient en finir avec le gouvernement parlementaire. Un coup d'Etat militaire, perpétré en mai 1926, aboutit rapidement à la création d'une dictature militaire, sous les ordres du général António Carmona.

Comme en Italie et en Espagne, le coup d'Etat n'était pas dirigé contre une menace imminente de la gauche, mais se produisit après que le pire moment de la crise d'après-guerre fut passé. A l'inverse de ce qui se passa dans ces deux pays, la dictature déclencha une immense révolte populaire: Porto et Lisbonne se soulevèrent en février 1927, quelques révolutions ou coups d'Etat militaires éclatèrent jusqu'en août 1933, qui échouèrent, et une nouvelle crise économique frappa le pays. Une résistance aussi importante porte à croire que la république parlementaire n'avait pas été aussi impopulaire ou discréditée que ses détracteurs le proclament.
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# Posté le mardi 05 février 2008 16:33
Modifié le lundi 11 février 2008 11:17

L'Estado novo

L'Estado novo
«Etat nouveau»

La crise économique qui suivit le coup d'Etat fut jugulée par António de Oliveira Salazar, professeur d'économie, catholique, invité à reprendre le ministère des Finances en avril 1928 - poste qu'il conservera jusqu'en 1940



Devenu le personnage clé du cabinet en 1930, Salazar élabora un système politique à l'intérieur duquel il bénéficiait, en tant que Premier ministre à partir de 1932 et jusqu'en 1968, d'un pouvoir dictatorial, tandis que le président Carmona et les militaires se trouvaient confinés à un rôle de modérateur.


Le régime conserva cependant, au moyen de simulacres d'élections, d'une Assemblée dépourvue de pouvoir et de partis d'opposition fantoches, la plupart des formes apparentes de la République, imprégnée des vagues principes de ce qui devait être connu sous le nom d'Estado novo («Etat nouveau») : l'unité de la patrie, le développement des colonies en Afrique, et le corporatisme catholique. L'ensemble fut officiellement adopté dans la nouvelle Constitution de mars 1933, et étayé par de nombreux décrets sur le travail en septembre. La législation civile opérait sur des bases militaires ; la dictature était masquée par des apparences d'élections ; la suppression du parti ouvrier en métropole et la répression permanente des populations noires dans les colonies africaines étaient justifiées au nom de l'unité nationale et raciale.

La dictature de Salazar

Le système dictatorial de l'Estado novo était étroitement lié à la personnalité de son fondateur Salazar, un homme courtois, aux paroles mesurées, et à l'allure modeste mais élégante, désarma psychologiquement son opposition intérieure et acquit d'abord peu à peu une bonne réputation à l'étranger. L'implantation de l'Estado Novo de Salazar résulta largement de l'épuisement à la fois du peuple et de l'armée, après la tourmente des années 1918-1928. Le régime persista parce que, malgré son qualificatif de «nouveau», il ne prit aucune initiative importante dans le domaine social ou national. Même son corporatisme et son catholicisme furent mis en sourdine: une véritable structure corporatiste ne vit jamais le jour, et nombre de statuts anticléricaux de la République restèrent inscrits dans les livres. L'objectif, pour l'économie, fut toujours davantage la stabilité que la croissance. Et il n'y eut jamais aucune initiative audacieuse en matière de politique étrangère.



Ainsi, anachronique et manquant d'esprit d'innovation, le régime est à l'image de la personnalité de son fondateur : anticommuniste, nationaliste, secret. L'anticommunisme place le Portugal de Salazar dans la catégorie des régimes dictatoriaux qui voient le jour en Europe dans les années 1920 et 1930 - l'Italie de Mussolini, l'Allemagne de Hitler, l'Espagne de Franco notamment. Le nationalisme conservateur de Salazar, fortement inspiré des théories de Maurras, est teinté d'une nostalgie de la grandeur perdue, et ce sont les réminiscences de l'empire colonial qui pousseront le régime dans de coûteuses expéditions outre-mer



Secret, le professeur Salazar l'était déjà lorsqu'il enseignait à Coimbra, et sa personnalité, une fois au pouvoir, semble tout autant difficile à saisir, le dictateur renonçant, à l'inverse de Hitler et de Mussolini, à ces rassemblements de foules qui sont pourtant souvent caractéristiques de ce type de régimes. Mais secret il l'est surtout dans sa manière de contrôler, et même de museler, la vie politique et intellectuelle. Ainsi, Salazar s'appuie particulièrement sur la terreur qu'exerce la police secrète, la PIDE.

Les réalisations de l'Estado novo furent inexistantes

Les crises du régime furent relativement rares dans ses vingt premières années: une vague de soulèvements menés par des factions militaires dissidentes, et bénéficiant d'un certain soutien populaire, entre 1931 et 1933 ; le danger de voir s'installer, aux portes du pays, un gouvernement antagoniste, si les nationalistes perdaient la guerre civile d'Espagne ; la mince éventualité que le Portugal puisse être entraîné, contre son gré, dans la Seconde Guerre mondiale ; la crainte que l'enthousiasme démocratique de l'immédiat après-guerre puisse conduire à une intervention étrangère ou à la reprise d'une agitation intérieure.



Ainsi, la défaite de l'Axe redonne l'espoir d'un changement: des révoltes éclatent (1946, 1947), mais l'opposition, ne pouvant s'exprimer, est battue à l'élection présidentielle de 1949 et de 1951, puis aux législatives de 1953. De plus, la reconnaissance internationale du Portugal renforce le régime (adhésion à l'OTAN, le 4 avril 1949, admission à l'ONU, en décembre 1955). Mais, à partir de 1953, on constate la reprise de l'émigration vers l'Amérique, signe de chômage et de misère.


Les réalisations de l'Estado novo, à part la restauration de la stabilité politique et financière, furent donc quasiment inexistantes: au début des années 1950, les colonies étaient encore somnolentes, l'analphabétisme sévissait de façon endémique au Portugal, et la position de l'économie, par rapport aux niveaux européens, était toujours aussi mauvaise

Les changements du contexte international

Une forte reprise de l'activité eut cependant lieu dans la dernière partie des années 1950, grâce, pour l'essentiel, aux changements du contexte international. L'expansion sans précédent du capitalisme mondial, qui avait commencé aux alentours de 1955, stimula encore davantage l'urbanisation rapide et l'industrialisation du Portugal, ainsi qu'une émigration massive vers les pays d'Europe du Nord, demandeurs de main-d'½uvre. Dans les colonies africaines, les effets de cette expansion furent encore plus considérables, surtout en Angola, où l'on découvrit du pétrole et d'autres ressources minières. Indirectement, le changement économique modifia les attitudes politiques et sociales, en mettant un terme à l'isolement du Portugal et en exposant sa population à d'autres courants intellectuels que ceux que tolérait Salazar. Sur un plan plus personnel, le général Humberto Delgado et le capitaine Henrique Galvão reprirent le flambeau de la contestation, par de spectaculaires actes d'opposition, entre 1958 et 1961.


Le despotisme paternaliste de Salazar apparut dans les années 1960 comme fossilisé, incapable d'évoluer, surtout par comparaison avec un monde qui connaissait d'importantes révolutions sociales et intellectuelles. Sa chute fut précipitée par les guerres de libération qui débutèrent en 1961 dans l'Afrique portugaise. Ainsi, au moment même où les colonies promettaient de devenir, pour le Portugal du XXe siècle, ce que l'Asie et le Brésil avaient été autrefois au temps de la splendeur du pays, le régime fut plongé dans une action militaire coûteuse pour les conserver. Salazar ne sut reconnaître l'inutilité de cette tentative


Tandis que des pays beaucoup plus puissants - la Grande-Bretagne, l'Espagne, la Belgique et la France - se consacraient à rechercher des processus de décolonisation, certes parfois douloureux, le Portugal entreprit une terrible guerre pour défendre une nation «multiraciale» et «pluricontinentale». Or, nombre d'officiers qui furent engagés dans ces guerres coloniales, comprenant l'impossibilité de l'emporter face à des populations qui les rejetaient, se détournèrent du régime et fourniront plus tard les cadres de la «révolution des ½illets».



Salazar, pour sa part, restait attaché à l'idée d'un empire colonial portugais, et les groupes d'intérêts qui avaient émergé pendant cette dictature furent assez puissants pour continuer à s'imposer après sa destitution (1968) et sa mort (1970). Ces mêmes groupes, surtout à l'intérieur de la police secrète et militaire, sur qui le pouvoir de Salazar avait toujours reposé en dernière analyse, annihilèrent aussi les nombreuses mais timides tentatives effectuées par son successeur, après 1968, Marcello Caetano, pour réformer la politique intérieure.

La «révolution des ½illets»

Les guerres onéreuses et vaines commencèrent progressivement à diviser jusqu'aux élites militaires et politiques. Elles radicalisèrent aussi la position de quelques officiers de l'armée, dont un groupe forma, en 1973, une organisation secrète appelée Mouvement des Forces Armées (MFA). La rupture entre les élites éclata au grand jour, en février 1974, lorsque le général António Spínola, probablement encouragé par Caetano, essaya d'instaurer de grands changements dans la politique coloniale



La vieille garde fut assez puissante pour contraindre Caetano à limoger Spínola, ainsi que le chef de l'état-major des armées, Francisco Costa Gomes, qui le soutenait. Mais la scission ouverte à l'intérieur de l'élite encouragea le MFA à tenter un coup d'Etat le 25 avril. Son succès fut assuré par le soutien massif et immédiat qu'il obtint de la population de Lisbonne, et par le ralliement de Spínola qui lui accorda des renforts, empêchant ainsi les unités anti-MFA au Portugal et au dehors de lui résister.


Moins de seize heures après le début du coup d'Etat, l'imposant édifice construit par Salazar s'effondrait, tandis que Caetano remettait le pouvoir à Spínola et au MFA. Ainsi l'emporta la «révolution des ½illets»: une dictature vieille de quarante-huit ans était renversée presque sans un coup de feu, seuls cinq morts étant dus à la PIDE
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# Posté le mardi 05 février 2008 16:41
Modifié le lundi 11 février 2008 11:23